L‘AIGLE A DEUX TETES

Une pièce de Danse-Théatre d’Alexandra Bansch
d‘après la pièce éponyme de Jean Cocteau

L'Ambassade d'Allemagne organise avec la Sorbonne
un spectacle de L'aigle le samedi 13 décembre 2014
à la maison Heinrich Heine.

> La distribution

avec Alexandra Bansch, Nicola Ayoub, Ikki Hoshino et Conti Bilong (batterie)
Création, Chorégraphie et mise en scène / Alexandra Bansch
Lumières / Pascal Noel
Scénographie / Alexandra Maringer
Costumes / Françoise Paillard et Isabelle Terrenoire
?
Photos : Roger Fusciardi

> Les personnages

La Reine : une reine anarchiste
Édith de Berg : une servante têtue qui vénère la mise en scène de la cour
Tony : un servant noir, muet, percussionniste
Stanislas : un anarchiste fortement romantique

> La pièce

Un prodigieux coup de théâtre déjouera le destin funeste d’une reine, veuve, vierge et déjà virtuellement morte, et de son assassin, un jeune poète anarchiste sosie du défunt roi tant adoré. La rencontre de deux alter ego, les deux faces d’un même absolu, les entraînera dans l’élan puissant de l’amour et d’un nouveau dénouement. Ils seront enlacés et entrechoqués dans le rêve éveillé d’une corrida à la fois tragique et romantique, sa danse de séduction, la mise à mort finale…

“Si on monte très haut, c’est pour amuser les dieux qui ont besoin de vous voir tomber très bas, un jour“ dit Cocteau. Ainsi en va-t-il du destin énigmatique des deux héros empruntés à l’Histoire des maisons d’Autriche et de Bavière, une “reine d’esprit anarchiste et un anarchiste d’esprit royal“, “deux idées, deux solitudes, l’une en face de l’autre“, dont la rencontre improbable sera scellée dans la mort par un amour désespéré. Elle-même “Enfant terrible“ de Jean Cocteau, Alexandra Bansch trouve dans “L’aigle à deux têtes“ créée en 1946 la source d’inspiration de sa dernière création. Elle y rend également un hommage au dramaturge qui était fasciné par la danse et l’art chorégraphique : “Je me suis toujours intéressé à la danse comme étant un moyen d’expression international et propre à mettre en oeuvre ce “plus vrai que le vrai”, […] car le réalisme est hélas la seule mesure dans laquelle il nous est permis de percevoir l’irréalité. […]“
Le traitement dramatique de l’intrigue transcendé par son atmosphère poétique, une forte identification à des héros romantiques, sont particulièrement propices à l’expression du double langage de la chorégraphe-metteuse en scène. La chorégraphie se concentrera sur le face à face des deux protagonistes et les trois jours qu’ils passeront ensemble. La rencontre de deux entités d’une force insensée s’incarnera dans l’évocation d’une scène de corrida. Tout ce qui peut être exprimé par la danse le sera. Le texte permettra cependant de mieux comprendre les personnages, de suivre leurs desseins. Ainsi danse et théâtre pourront éclairer les protagonistes dans leurs multiples facettes.

> Note d’intention et projet

“Etant fascinée par le personnage de l’Impératrice Elisabeth d’Autriche, j’ai recherché des textes lui rendant hommage. Le personnage de la Reine dont s’est inspiré Cocteau pour la créer, m’est alors apparu d’autant plus juste qu’il relègue le contexte historique au second plan. Dans les faits, Elisabeth fut assassinée à Genève en 1898 par l’anarchiste italien Luigi Lucheni, qui, ne trouvant pas le duc d’Orléans s’en prit à elle, ne sachant pas qu’elle-même souhaitait la mort, sa propre mort et celle de la monarchie. Le 9 septembre 1898, l’Impératrice dit à la baronne de Rothschild : “Je voudrais que mon âme s’envolât vers le ciel par une toute petite ouverture du coeur“. Le 10 septembre le jeune Lucheni lui rendit ce service.

Cocteau met face à face “une reine d’esprit anarchiste et un anarchiste d’esprit royal“, “deux idées, deux solitudes, l’une en face de l’autre“, le vide et le plein qui vont ne former qu’un dans l’amour. Mais cet amour parfait ne peut supporter aucun contact avec la réalité : au moment où la Reine décide de se montrer au monde, cet amour ne peut se préserver que dans la mort.

L’extrême poésie de l’univers de Cocteau, sa façon de transcender la réalité en rêve et de nous montrer ainsi les choses comme pour la première fois, est une grande source d’inspiration dans ce langage entre danse et théâtre que je cherche à établir. L‘objectif est de marier la Danse et le Théâtre à un point culminant, sans enlever à chaque art sa part essentielle, son âme. Il s‘agit d‘établir une forme à plusieurs dimensions permettant aux deux arts de s‘enrichir mutuellement en partant de l‘intention qui se manifeste en mouvement, puis en creusant cette intention qui traverse le corps de l‘interprète et y résonne, fortement, jusqu‘à ce que cela devienne une force propre qui dépasse celui dont elle émane. Chaque passage d’un art à l’autre y est vécu non pas comme un obstacle, une frontière mais au contraire comme une ouverture, une amplification, une dilatation des sens. Dilatation des sens qui rend palpable l‘amplitude et l‘évolution interne des personnages.

Le couple central sera vu en contrepoint par le “couple“ des servants, Édith de Berg et Tony, le servant muet. Le rythme de la danse sera défini par l‘état intérieur de chaque personnage et évoluera à travers la pièce. Ce rythme sera par moment souligné par des percussions, jouées en live par le personnage de Tony, comme une réponse ou une
résonance à l‘action. Le rythme de la pièce, à l‘image de l‘univers de Cocteau, ne sera pas linéaire, il y aura des échappées, des imprévus.

Un cercle dessiné en trait blanc sur la scène noire définira l‘espace vivant. Dès qu‘un personnage y entrera il sera au coeur de l‘action là où les choses se passent, se décident, adviennent. Les personnages seront tous sur scène pendant la totalité du spectacle. Autour de ce cercle le temps sera autre. Les personnages y évolueront au ralenti et nous révèleront d‘autres facettes de leur être. Ils apparaîtront tels des fantômes en apparence libres mais faisant partie d‘un système intrinsèque qui les tissera les uns avec les autres. Le cercle agira cependant comme un aimant qui les attire et les pousse à l‘action. Des pans en tulle tombant du plafond permettront aux personnages de s‘y cacher tout en suivant l‘action.“

> Équipe artistique

Pascal Noel (Lumières)

Concepteur lumière, Pascal met en lumière les spectacles d’artistes de renom pour le théâtre, l’opéra, la musique ou l’événementiel. Il découvre le théâtre avec l’équipe de Jérôme Savary avec lequel il travaille régulièrement. Il conçoit les lumières des spectacles de danse notamment pour Sylvie Guillem et pour le chorégraphe Olivier Chanut. Il faisait déjà partie des deux créations d’Alexandra Bansch “Transporting you“ et “Crossroad(s)“.

Alexandra Maringer (Scénographie)

Un pied entre Paris et Vienne, Alexandra a suivi des études d’architecture à l’Université Technique de Vienne ainsi qu’à l’Ecole d’Architecture de la Villette avec une spécialisation en décors de films. Depuis ses débuts, elle crée des décors et univers en alternant des expériences pluridisciplinaires et complémentaires d’architecte, scénographe, chef décoratrice ou designer. Elle vient d’être nominée comme meilleure décoratrice par l’Académie Autrichienne du Film pour “Vielleicht in einem anderen Leben“ ! ! “Peut-être dans une autre vie“ film historique sorti en 2011.

Nicola Ayoub (Interprète)

Danseuse et comédienne américaine, Nicola travaille à Paris depuis 2005. Elle a été formée par l’Atlanta Ballet, puis a obtenu deux diplômes universitaires en Histoire et Histoire de l’Art. Son one-woman show “The Language“, a été récompensé par Paris Jeunes Talents !2008" et par le 1er prix du concours de chorégraphie Tobina !2009". Elle a travaillé avec des chorégraphes aussi divers que Gigi Caciuleanu et Alexandre de la Caffinière. Nicola faisait déjà partie de la dernière création d‘Alexandra Bansch “Musique de chambre“.

Ikki Hoshino (Interprète)

Danseur japonais, né en 1988 à Hakodate, Ikki travaille à Paris depuis 2009. Après avoir quitté le Japon seul à seize ans, il est formé au Conservatoire National Supérieur de Lyon, puis engagé à l‘Opéra de Nice avant d‘intégrer la G‘s Company dirigée par Guy Poggioli. Il a dansé avec la Compagnie Lisa Fuchs et Karma Dance Project où il travaille avec Gigi Caciuleanu. Ikki faisait déjà partie de la dernière création d‘Alexandra Bansch “Musique de chambre“.

Conti Bilong (Interprète)

Batteur camerounais, né à Nkongsamba, Conti travaille à Paris depuis 2000. Il se passionne pour la batterie à l‘âge de 13 ans et se produit rapidement avec des artistes de renoms de la scène africaine. Après une tournée avec Sam Fantomas aux U.S.A., il décide d'enrichir son répertoire avec des sonorités plus internationales jazz, rock, musique afro cubaine, salsa. A Paris il travaille aux côtés de Manu Dibango et se produit dans les clubs de jazz parisiens comme le Baiser Salé et le Caveau des Oubliettes.

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