Alexandra Bansch
ou l’art du bilinguisme Danse-Théatre

> Figures de styles

L’ADN de la danseuse, chorégraphe, comédienne et metteuse en scène Alexandra Bansch comporte un chromosome très particulier, celui du B, révélé dans l’initiale de son patronyme.

B bien sûr se conjugue avec Ballet, mais aussi avec Beauté et Bonté – “le comble de l’intelligence“ selon Marcel Proust-, et on ne sera pas surpris de retrouver cette caractéristique dans la “Tour de Babel“ des noms prestigieux de la création artistique et d’un langage esthétique, dont parmi eux figurent Maurice Béjart, Georges Balanchine, Pina Bausch (autre coïncidence, on remarquera que Bansch est la forme paronymique de Bausch) ou Jean Babilée, Bertolt Brecht, Jean-Sébastien Bach ou Barbara, Roland Barthes, Luis Buñuel, Ingmar Bergman, Botticelli et bien d’autres….

Digne héritière d’autant de B pères et mères fondateurs de la construction de son imaginaire, de son apprentissage, de sa langue et de sa personnalité, fille de Terpsichore et de Thalie, Alexandra Bansch a su créer très tôt son propre langage mêlant étroitement musique, danse et théâtre. 

> Une langue chorale

Elle propose à travers ses spectacles, pièces de « danse-théâtre » à l’alchimie très singulière, une calligraphie des corps soutenue par la musique et incarnée par le texte parlé, résultat du métissage entre ces univers complémentaires et indissociables.
A travers cette alliage subtil de l’art chorégraphique et théâtral, elle entraîne le spectateur de l’autre côté du miroir des apparences et des faux-semblants, l’invitant à la rencontre de son anima et son animus dans une autre dimension du temps et de l’espace. Il sera alors suspendu entre le sentiment d’irréalité et de légèreté de la poésie de la danse et la prise de conscience sociale et politique du langage théâtral et vice versa, tel le ruban de Moebius qui entrelace inextricablement le côté satin au côté toile dans un mouvement perpétuel.

> Thème de prédilection : les jeux de l'Amour...

Sa danse marie l’expressivité contemporaine à la rigueur exigeante du classicisme, la fantaisie et la sensualité d’un tango ou la fougue d’un flamenco avec la langueur d’une valse, ou l’arythmie du jazz avec les percussions des danses tribales africaines. Elle est à la fois sensible et conquérante à l’image de ses héroïnes, autant de facettes de l’incarnation de l’éternel féminin.
Elle explore et renouvelle le registre de la carte du tendre avec ses jeux de séduction, sa quête d’absolu jusqu’à l’amour à mort dans les foudres d’une corrida amoureuse.

> La Grâce est une façon de tomber vers le haut

Mais au-delà du thème universel de la femme amoureuse face à un destin qui la dépasse, c’est l’intime prisonnier de notre condition humaine qui est questionné. La Femme/l’Homme pris dans ses conflits intérieurs face à la complexité du monde,
apparaît dans sa vérité nue, paré(e) des atours des pires et meilleurs personnages du théâtre de la vie et de la danse des rêves….